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"TRADITION AND HERITAGE DO NOT MEAN
TO PRESERVE THE ASHES BUT
TO KEEP THE FLAME ALIGHT"
Indian proverb
En français:
"Tradition et patrimoine ne signifient pas conserver les cendres mais garder la flamme allumée"
Proverbe indien
INTRODUCTION
Plus notre société accélère sa course vers la mondialisation ("globalisation"), plus la tradition et le patrimoine gagnent en intérêt, c'est une simple question d'équilibre, mais l'accélération des évolutions globalisantes en fait aussi une question de survie en société (voir texte "global / local" dans "NOUVEAUTE 6").
La question culturelle est aujourd’hui posée dans un monde de plus en plus globalisé au sein duquel les identités locales tendent à s’atténuer progressivement voire à s’effacer. Dans ce contexte faut-il avoir peur, aujourd’hui, des revendications à caractère identitaire et du succès grandissant du patrimoine ?
Ces mouvements patrimoniaux ont longtemps dérangé la « pensée moderne progressiste » qui y voit, au regard de l’histoire, une revendication conservatrice et rétrograde. Ces mouvements sont cependant bien plus profond que ne le laisse entrevoir certains médias focalisés sur la partie visible de l'iceberg, les manifestations extrémistes (voire intégristes), nostalgiques ou élitistes.
La réponse à la question posée préalablement se trouve dans l’écho des revendications contre les abus engendrés par la mondialisation. Ces revendications empruntes de colorations identitaires réaffirment le besoin d’exister en société, le souci de retrouver une dimension sociale, une échelle humaine compréhensible et localement supportable.
Citons l’architecte chinois Wang Shu : « China can civilise modernity by its culture ».
De plus en plus de gens (de citoyens ordinaires, d’habitants) craignant de se perdre dans la totalité, aspirent à plus d’humanité, à plus d’urbanité. Leurs aspirations d’ordre culturel et social (voire sociétal) ; ne devraient-elles pas aujourd’hui guider notre réflexion sur la place de la culture, aujourd’hui et demain, dans ce monde de plus en plus globalisé ?
L’action culturelle n’a-t-elle pas notamment vocation à devenir une fonction régulatrice dans la recherche d’un équilibre pour un développement socialement durable ? N’est ce pas ainsi qu’il faut concevoir la culture commequatrième pilier du développement durable (Cf. Agenda 21 pour la culture)?
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“ (…) Comme bien d’autres catégories professionnelles, les architectes ont une tâche spécifique à accomplir dans ce monde: une tâche qui pourrait et devrait être fondamentale quand on se réfère au rôle traditionnellement joué par le cadre bâti dans le processus d’institutionnalisation des sociétés, ou, dit en termes plus simples, pour solidariser les humains qui « habitent ».
Savoir habiter est une compétence anthropique qui désormais tend à disparaître dans le même temps que son autre face, savoir édifier.
On n’habite pas des objets techniques. C’est bien pourquoi être architecte ou aménageur devrait, aujourd’hui, consister à réapprendre le rôle qu’Alberti a si bien su assigner à celui qui édifie : être l’interlocuteur des communautés qui s’établissent dans le monde et le médiateur privilégié de leur relation avec l’espace concret, naturel et humanisé, autrement dit encore, leur réapprendre, en particulier, l’appartenance à la localité.
Bien entendu, une pareille tâche ne peut être dissociée d’un cadre et d’une problématique politiques (au sens noble et étymologique du terme) puisqu’aussi bien la notion de société mondiale n’a politiquement aucune signification. Mais si l’architecte ou l’aménageur actuels ne doivent pas ignorer cette dimension, celle-ci n’est pas de leur ressort direct. (…) »
Propos de Madame Françoise Choay dans le débat ayant suivi sa conférence donnée à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Saint-Etienne : « Le De re aedificatoria et l'institutionnalisation de la société » et "Patrimoine : quel enjeu de société ? L'évolution du concept de patrimoine » / Publication de l’Université de Saint-Etienne (64 p. format : 15x21 / ISBN 2-86272-401-7 / date de parution : 01/01/06
https://publications.univ-st-etienne.fr/product.php?id_produit=309
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Messieurs les architectes, au point de vue artistique je vous dis :
“ bravo ! ”.
Vous avez créé un fait architectural absolument nouveau. Mais au
point de vue urbain-social, vous avez exagéré par excès de vitesse.
Si vous voulez faire de l’urbanisme, je crois qu’il faut oublier que
vous êtes des artistes. Vous devenez des “ sociaux ”. Vous êtes
condamnés à traiter avec des “ moyennes ”, et à en tenir compte.
(…)
Les “ quantités habitables ” : êtes-vous sûrs de vous en être
inquiétés ?
Je crois constater ceci : entre votre concept esthétique réalisé et
admis par la minorité et votre concept urbain, qui se trouve partout
en difficultés devant l’incompréhension des “ moyens ”, il y a une
rupture. Vous êtes partis à une telle allure que vous n’avez pas
regardé derrière vous, il fallait vous retourner : vous auriez vu que
vous n’étiez pas suivis. Qu’allez-vous faire ?
(…)
Il y a nécessité pour des hommes comme vous, qui avez derrière
vous et à vos côtés des hommes qui attendent quelque chose, il y
a nécessité pour vous de les regarder plus attentivement.
Mettez vos plans dans vos poches, descendez dans la rue,
écoutez-les respirer, vous devez prendre contact, vous tremper
dans la matière première, marcher dans la même boue et la même
poussière
(…)
Extrait du discours de Fernand LEGER
4ème Congrès international d'architecture moderne (CIAM)
Athènes 1933
(voir rubrique "Textes de références")
Ambiances urbaines, photos AM.
... suite, "Zapping en Villes 2", en cours de montage, à la fin de la rubrique "Conférences"
Dernière mise à jour le 21 janvier 2012